Photo : Joël

Une vie de "confiné" en Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire - Avril 2020

Nous sommes tous impactés par la crise sanitaire actuelle et le confinement mais les conditions à travers le monde ne sont pas toutes les mêmes. Nous avons choisi de vous partager le quotidien de nos bénéficiaires en cette période.

Après les Philippines et le Bangladesh, nous souhaitons vous partager la situation en Côte d’Ivoire. Le gouvernement ivoirien a pris des mesures comme la fermeture des écoles, universités et de certains commerces ainsi que la mise en place d’un couvre-feu mais il n’y a pas de confinement imposé comme en France.

C'est Joël, habitant du quartier Gbamnan Djidan 1, qui a accepté de répondre à quelques questions.

Il est agent de sécurité, célibataire et habite avec sa maman et sa tante. Il fait partie des habitants abonnés à la base de données WhatsApp, à laquelle Eau et Vie Côte d'Ivoire diffuse des messages de sensibilisation à l'hygiène.

Il nous a confié son quotidien et ses sentiments actuels.

Plus que jamais la solidarité entre confinés, même à l'autre bout du monde est importante !

Eau et Vie : Comment vous et votre famille vous sentez vous pendant cette période ? Comment faites-vous face ?

Joël : C’est vraiment difficile actuellement, car je n’ai pas eu de contrat de travail depuis 3 mois et ma maman a aussi dû fermer son cabaret « petit commerce de vente de boisson » à cause des décrets pris par le gouvernement. On vit au jour le jour, on s’en remet à Dieu.



Eau et Vie : Comment se déroulent vos journées ?

Joël : Je m’ennuie, c’est un peu la routine : on se repose. Il n’y a presque rien à faire.



Eau et Vie : Qu'est-ce que la situation a changé pour vous personnellement et professionnellement ?

Joël : Professionnellement, pour moi tout est stoppé car il n’y a plus de spectacle ni d’événement donc plus besoin de surveillance. Pour ma maman c’est encore plus compliqué, car il n’y a plus de vente de boissons et elle n’a aucune autre rentrée d’argent.

Personnellement, pour moi c’est un coup dur, mais « un garçon reste un garçon » (ça veut dire qu’il reste solide). Ma maman est soucieuse et se demande très souvent « quand est-ce que ça va finir ? ». Elle est aussi abattue, car il y a peu elle a perdu sa maman, ma grand-mère, et ne peut même pas assister à ses funérailles, car ce n’est plus possible de quitter Abidjan (la ville est mise en quarantaine du reste du pays).



Eau et Vie : Ressentez-vous des changements dans le bidonville/communauté (calme, anxiété, solidarité etc.) ?

Joël : La plupart des activités étant en baisse, de plus en plus de parents sont à la maison et ce sont eux qui sont les plus affectés. Sinon les jeunes et les enfants continuent de jouer au football et de discuter. La solidarité demeure, entre voisins, les habitudes n’ont pas changé. Il y a toujours un peu de sel ou de cube maggi chez le voisin et vice-versa.

Il faut aussi signifier que les actions que mène EVCI sont à saluer, car l’ONG se préoccupe, s’inquiète et s’intéresse vraiment au bien-être de la communauté avec toutes les vidéos de sensibilisation sur le coronavirus, partagées sur WhatsApp.



Continuer à leur fournir un accès à l'eau gratuitement est un geste fort et vital pour eux, nous ne pouvions pas les laisser avec cette inquiétude supplémentaire de ne plus avoir accès à l'eau. Vous aussi, vous pouvez les aider en contribuant à notre fonds d'urgence.